Daphné Mistretta

Peinture · Mémoire · Mer · Presqu'île de Crozon

Tenir la mémoire
d'un paysage
qui ne tient pas.

Daphné Mistretta, peintre · Presqu'île de Crozon, Bretagne · Nantes

Une peinture abstraite tissée par la mer, la mémoire et la lumière basse du Finistère. Chaque toile garde la trace des marées qui l'ont traversée.

La démarche

Œuvres choisies

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Notre masse dérivante 7h57, Acrylique sur toile, 116 × 89 cm, Daphné Mistretta

Baie de Morgat · 2026

Notre masse dérivante 7h57

Je sens ta dérive avant même de l'identifier. Comme ton courant froid sous ta surface, quelque chose qui passe sans bruit et qui m'emporte déja. En moi, ça bouge comme une eau profonde dense, salée, indécise. Ça ne se voit pas vraiment, mais ça travaille, ça tire, ça déplace. Je ne nage pas, je flotte à l'intérieur. Je me laisse traverser par tes flux que je ne contrôle pas, tes marées lentes qui montent et redescendent sans prévenir. Par endroits, ça devient opaque, presque noir, comme un fond marin qu'on ne touche jamais. J'appelle ça "notre" parce que je ne suis pas seule dans ce mouvement. Il y a quelque chose d'autre qui circule avec moi, comme deux masses d'eau qui se rencontrent sans jamais se confondre. C'est l'instant où je réalise que je dérive déjà, que je suis prise dans ton courant et que, doucement, je deviens moi-même une part de ta masse en mouvement.

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Ton noyau marin 9h00, Acrylique, technique à la main, 130 × 96 cm, Daphné Mistretta

Baie de Morgat · 2026

Ton noyau marin 9h00

Après la rencontre, quelque chose s’est ouvert. Pas entre nous mais en moi. Une zone instable. Une eau qui ne tient pas en place. Tes profondeurs ont déplacé les miennes, mais sans jamais s’y fixer. Je n’ai jamais su où me poser dans toi. Alors je suis restée dans cette dérive, à mi-distance, dans ton eau sans contour. Il y avait toujours deux courants ; Un qui allait vers toi, l’autre qui se retirait avant d’atteindre. Au centre,une hésitation dense. Un noyau. Pas d’amour clair, pas d’absence non plus. Quelque chose qui oscillait, qui refusait de choisir une forme. Je vivais là-dedans. Dans cette tension silencieuse. Dans cette eau qui ne tranche pas. Tu n’étais pas flou. C’était moi. Moi dans toi. Une profondeur incapable de se décider. D’entrer ou de disparaître. Alors j’ai laissé faire. J’ai laissé ton eau exister sans réponse, sans direction, comme un espace intérieur qui ne cherche plus à se résoudre. Et au fond, c’est peut-être ça qui reste : pas toi, pas nous, mais cette indécision vivante qui continue de bouger en moi.

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La Rencontre 20h00, Acrylique sur toile, 130 × 96 cm, Daphné Mistretta

Côte Atlantique · 2026

La Rencontre 20h00

Il y avait quelque chose d’immobile dans l’air, comme si le monde retenait son souffle. Ta surface paraissait calme. Presque sage. Mais je sentais déjà tes profondeurs me regarder. Je ne savais pas encore que certaines rencontres déplacent tout. Qu’elles ouvrent en nous des chambres que l’on ne connaissait pas. Je me suis approchée lentement, comme on approche une eau inconnue. Avec ce mélange étrange de désir et de crainte. Ton écume effleurait le rivage comme une mémoire ancienne. Une mémoire que je n’avais pas vécue et qui pourtant me reconnaissait. Je crois que la nostalgie commence là. Dans cet instant précis où quelque chose nous devient familier avant même d’avoir eu le temps d’exister. Depuis, je te regarde autrement. Ta surface n’est plus un horizon. Tes profondeurs ne sont plus une distance. Elles sont devenues un lieu. Celle d’une rencontre qui recommence. Encore.

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TRANSITION | Après ton écume 22h02, Acrylique sur toile, 116 × 89 cm, Daphné Mistretta

Côte Atlantique · 2026

TRANSITION | Après ton écume 22h02

Tu es cet endroit fragile où la mémoire change de forme, où l’amour cesse d’être houleux, sans devenir silence. Tu es la liminalité. Le moment exact où quelque chose n’est plus et n’est pas encore. Nous n’étions ni fond, ni écume. Nous étions courant, remous, vague qui passe. Nous n’avons jamais su nous retenir, juste sentir ce mouvement qui nous traversait, qui nous transformait.

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Les séries

Série

Sous ton eau

« Peindre l'eau comme on se souvient, Presqu'île de Crozon. »

La série qui donne son titre à tout mon travail. Chaque toile note un lieu et une heure, comme une page de carnet, et cherche le moment où l'eau et le souvenir cessent de se distinguer. Acrylique en couches, que je reprends tant que la surface retient quelque chose.

Série

Baie de Morgat

« Le GR34 côté baie, Kador, Saint-Nicolas, Île Vierge. »

Mes toiles peintes le long du GR34, du côté abrité de la baie. L'eau y est plus calme, la lumière plus basse, et le granit rose finit presque toujours par passer dans la couleur.

Série

Côte Atlantique

« Le GR34 face au large, La Palue, Lostmarc'h, Cap de la Chèvre. »

L'autre versant, celui qui prend les houles de face. L'écume y est plus vive, les contrastes plus durs. C'est la mer qui ne protège personne.

Entrer dans l'exposition

Une promenade silencieuse parmi les toiles, comme dans une galerie. Le son de la mer est optionnel, à activer si vous le souhaitez.

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