Daphné Mistretta

De la Mémoire à l'Eau · Crozon

La démarche

Je peins la mémoire comme si c'était de l'eau.

Une matière qui ne tient pas en place : elle monte, se retire et se dépose, comme la marée. C'est pour ça que je peins l'océan. Il ressemble à ma façon de me souvenir.

L'eau me permet de rendre visible ce qui reste d'habitude caché : les souvenirs, l'intime, tout ce qu'on garde en soi sans le montrer.

Crozon, là où tout commence.

Le lieu

Tout part de la presqu'île de Crozon. C'est là que mes souvenirs se sont déposés, couche après couche, et c'est là que je reviens sans cesse peindre.

Sur une plage de la presqu'île de Crozon

Le geste

Je peins à mains nues, la paume posée à même la toile. Parfois, je plonge mes toiles dans la mer et je laisse l'eau finir le travail : elle déplace la couleur, y laisse ses traces, imprime son passage. La toile garde le temps qu'elle a passé dans l'eau.

Ma main couverte de peinture devant mon visage

Sur place, l'eau peint avec moi.

Le bleu

Le bleu tient tout ensemble. Une couleur qui touche et qui ouvre grand, où chacun voit son propre paysage plutôt qu'une image précise.

Devant mes toiles, les mains levées
Devant mes toiles bleues, dans l'atelier
Assise devant une grande toile bleue

Mon travail suit deux directions

Deux séries

Toile monochrome, bleu profond uniforme

Monochrome

Un bleu uni, sans rupture, qui plonge vers les profondeurs et les couches les plus enfouies du souvenir.

Toile de la série Écume, traces blanches au centre sur bleu profond

Écume

Les traces blanches qui surgissent à la surface : ce qui remonte, ce qui reste, les marques que le souvenir laisse.

L'atelier, en mouvement

Dans mon atelier, devant mes toiles

« Je ne peins pas la mémoire pour la raconter. Je la peins pour qu'on la ressente. »