De la Mémoire à l'Eau · Crozon
La démarche
Je peins la mémoire comme si c'était de l'eau.
Une matière qui ne tient pas en place : elle monte, se retire et se dépose, comme la marée. C'est pour ça que je peins l'océan. Il ressemble à ma façon de me souvenir.
L'eau me permet de rendre visible ce qui reste d'habitude caché : les souvenirs, l'intime, tout ce qu'on garde en soi sans le montrer.
Crozon, là où tout commence.
Le lieu
Tout part de la presqu'île de Crozon. C'est là que mes souvenirs se sont déposés, couche après couche, et c'est là que je reviens sans cesse peindre.

Le geste
Je peins à mains nues, la paume posée à même la toile. Parfois, je plonge mes toiles dans la mer et je laisse l'eau finir le travail : elle déplace la couleur, y laisse ses traces, imprime son passage. La toile garde le temps qu'elle a passé dans l'eau.

Sur place, l'eau peint avec moi.
Le bleu
Le bleu tient tout ensemble. Une couleur qui touche et qui ouvre grand, où chacun voit son propre paysage plutôt qu'une image précise.



Mon travail suit deux directions
Deux séries

Monochrome
Un bleu uni, sans rupture, qui plonge vers les profondeurs et les couches les plus enfouies du souvenir.

Écume
Les traces blanches qui surgissent à la surface : ce qui remonte, ce qui reste, les marques que le souvenir laisse.
L'atelier, en mouvement

« Je ne peins pas la mémoire pour la raconter. Je la peins pour qu'on la ressente. »